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Le Potlach Troisième tableau : L’AVEU
November 13, 2007 05:25 PM PST
Le Potlach
J’ai créé le vent, joué avec. J’ai couché sur la houle et j’ai inventé un ressac en plein centre des océans. Le cœur au vent, il n’y avait que l’horizon à regarder. Durant 1000 jours, peut-être un peu plus, j’ai quitté la terre ferme, celle où vous m’aviez clouée, parole contre parole, à poinçonner ma carte d’arrivée et de sortie. Je voulais me taire. Faire du mutisme une arme redoutable. J’avais besoin de sentir qu’elle arriverait ; cette mort capricieuse que chacun craint ! Que tous ignorent, comme si elle n’allait pas venir. Elle que j’avais honte d’attendre avec joie. Les sourires et les politesses d’amphithéâtres où vous avez sculpté l’image du bonheur, m’ont fait chercher ailleurs. Et ailleurs c’était là-bas. Je suis partie sans donner à quiconque la clé de mon secret. Ni quidam de café, ni connaissance intime n’y était lié. Vous n’aurez pas su... ce que j’aurai tu. Et ! Seule, sans l’expérience de ce destin qui m’appelait, j’ai bravé le manque de borée, de bise, de brise. J’ai vu ce que c’est que la véritable solitude. Je l’ai gagnée.
J’étais près des cendres quand vous m’avez fait monter comme une étoile. Attendre, telle une poupée chiffon, incapable de se tenir fière et droite ! Je ne pouvais pas. Une marionnette sans petits fils...ça ne bouge pas sans éclairage ni trucage. Là-bas, j’ai créé le vent, joué avec les voiles. J’ai dormi sur la houle des semblants de tempêtes et j’ai inventé un retour de vagues en plein cœur de la mer !
Je suis partie, cherchant l’Afrique. Mais l’Amérique n’avait plus de fin. Quand j’ai pu gagner l’Europe, j’avais des ailes de fer sur le dos. Mon bagage avait un poids. Alors, j’ai affronté très tard la nuit, le fœhn des helvètes.
Mon départ annoncé sans grande pompe, je partais. C’était juillet, trois ans déjà. Je quittais avec la ferme volonté de refermer sur moi un nouvel hymen. Souvent, je dormais sur le ponton, bravant le danger ! J’aimais craindre de trébucher sans avoir PEUR de tomber. Et c’est là que je titillais les limbes. 1000 jours j’ai gardé la barre à la main. Mon voilier nommé Potlach avait fière allure. Comme celle d’un enfant destiné à devenir Chaman. Neuf, sans expérience mais fort et volontaire. J’attendais, mon visage fixant les quatre vents. J’attendais Neptune qui annoncerait la tempête finale. Mais ni le cri des sirènes ni le glas archaïque ne sont venus. J’ai senti l’Amérique suinter ses odeurs de petites guéguerres jusque dans ma coque; pendant que le Soleil faisait son matador inébranlable, du matin jusqu’au soir, tout le long de mon voyage.
J’aurais voulu qu’un torrent sorte du ciel ! Bon sang ! Qu’il pleuve à faire fondre, à faire fendre le bois de mon Potlach.
En plongeant voir l’océan, aurais-je trouvé le silence que je cherchais ?
Dans le fond de la mer, il n’existe pas le mot pour dire ce que je souhaitais gagner derrière mes voiles. Dans le fond du pair non plus. Ce n’est pas le silence, ce n’est pas ce que l’on nomme la paix du dedans... C’est plus ! Et puis... le silence existe-t-il ? Vraiment ? Quand j’y songe, lorsque l’on pense, on est loin de ne pas chercher. Regarder dans sa tête, n’est-ce pas parler à ses souvenirs ? Une terre au fond de l’âme, voilà ce que je sentais m’habiter ! 1000 jours, j’ai créé le vent, joué avec le sel. J’ai reposé sur la couchette houleuse et j’ai voulu croire qu’un ressac viendrait me chercher en pleine mer. Après vingt ans de hargne contre le destin, les yeux sans larmes, mes cils battant au vent, maintenant, aujourd’hui, il n’y a que l’horizon à supporter. Je sors du bagne, les prisons sentent la peur et la sueur. 1000 jours, ancrée sur mon solide Potlach; sans compter les minutes, sans engager de conversations audibles, j’ai jeté aux monstres marins les biens et les maux du passé. Durant les jours, pendant les nuits, je naviguais loin des insulaires. Tel un calvaire sans douleur possible, sans montagne atteignable. L’appétit m’est resté dans le ventre! Comme pour me nourrir d’un voyage. J’avais quitté la terra nullius, celle où vous m’aviez clouée, parole contre parole, à poinçonner ma carte d’entrée et de sortie. Côté cours, côté jardin... J’étais plantée au centre sans réplique. Quel rôle ! Je voulais le mutisme. C’était un rêve d’aigle endeuillé. Je n’étais pas l’aigle, mais une proie de mes exils ! Le souffle trop court pour un blasphème vous m’avez regardé prendre des valises trop petites pour ce périple. Me voilà de retour. Le Potlach n’a pas été submergé. Personne ne s’est noyé cette fois-ci. Ni les choix, ni les âmes.
Du Braille sur la Peau, deuxième tableau
September 28, 2007 04:03 AM PDT
Du Braille sur la Peau (premier tableau)
August 26, 2007 06:09 PM PDT
une petite fille sur la plage, les mouettes, le sable dans la gorge, des falaises ses jambes, une grotte sa bouche. la survivance. Florian 17 ans et les 5 lapsus de Nina
August 09, 2007 10:39 AM PDT
Moi. Moi à l’intégrité infaillible, à la moralité irréprochable, à la démarche noble et droite, au regard fier et dur. Moi au sourire glacial, à la rudesse barbare. Moi seul, moi froid, moi attirant ici, moi repoussant là, moi fort et moi fascinant, me voilà. Ceci est ma représentation, Oye. La scène est large, le public est bas, le rôle est beau. Je joue. C’est mon plaisir. Moi, toujours, encore, à jamais. Moi austère, moi farouche, moi tendre, moi rieur, moi mépris, moi folie, moi victoire, moi enfer, moi seul, seul… Moi et l’autre. Moi, moi, moi… Cent fois moi ! Moi perdu dans la vie, perdu pour la vie, perdu… Moi mort, moi éternel, moi saoul et ressuscité. Ces mots ne sont pas ceux que tu crois, homme vif. Tu me crois mort, mais sais-tu seulement la saveur de ma sève ? Je suis là, ne t’y trompe pas. Vois, comme moi, par la fenêtre, cet arbre, vert et fleuri. N’est-ce pas la vision d’un vivant ? Moi aussi je nais pour mourir et pour revivre. Et pourtant toi tu vis et moi non. Quelle différence ? Ces mots sont écrits d’hier et de demain, ils m’appartiennent comme la Terre au Soleil. Mais dieu que la Lune est belle… O fou, pauvre et las ! D’une terre aride et fertile, d’une mère sèche et féconde, je suis le fils perdu, rebelle et battu. Mais quelle lutte sublime et absurde je mène… Et, rieur, fantasque, je sais l’issue des choses, ivre de colère et de sang. Souvent je hais ma race, de cette haine profonde et futile, de cette rage grondante, de ces poings sourds, battants, violents. A moi le meurtre suprême ! Que j’étrangle la fatalité, que je tue la mort… Ah ! Folie que d’être en vie. Et parti, vers ma fin, ou vers la fin des pays… mais las ! civilisation assassine : nulle part n’existe pas. Chercheur de la fin des lieux, de la fin des hommes, du lointain repos, je marche, ailes aux pieds et figure d’ange, au clair de la lune, je marche, colombe de fortune, à l’ombre du soleil. Le calme m’assaille, terrible rage sans fond, signe d’une mort sinistre, et, folie ultime, mes rires sonores voltigent, m’échappent et me narguent, puis, tels des bulles qu’on crève, m’éclaboussent et m’assassinent. Las, j’erre dans les méandres de mon cerveau, fermant les yeux dans la sombre clarté de ce labyrinthe vicieux, pour ne plus voir ni de beau ni de laid, ni de loin ni de près, ces visages hideux et ces rires hystériques, et, me heurtant, aveugle, aux murs bétonnés de ma conscience, je navigue, à bord de ma folie, colmatant brèches et écopant larmes, pour ne pas sombrer, et sombre. Les serpents immondes ont violé la pureté de mon âme. Ma beauté ? Ah, défunte beauté ! Cueillie, volée, comme une fleur fanée dans la gueule d’un chacal. J’ai parlé à la Vérité qui m’a avoué avoir triché, pour survivre. Ici, tout est massacré. Et le plaisir est grand, parait-il. J’ai rencontré peu d’hommes beaux comme les animaux. Comme eux, en cage ils se meurent. La force hideuse est libre, elle, et vie en masse. Elle n’est que libre d’illusions, croyez-moi. Elle ne fait que se regarder et se cracher dessus. Moi je traîne ma nausée, infortuné voyageur. Je voyage à travers le temps, étroit pays pour mes jambes folles. Et lorsque je m’arrête, je regarde si le monde a changé, si les hommes ressemblent aux hommes, si je dois continuer à fuir. Fuir… mais où ? Ce monde est cynique et rond. Il est cynique et étouffant. Il m’étouffe de n’être pas droit et infini. Je suis enfermé à vie, condamné à manquer d’espace et de liberté, condamné à borner ma folie, à combattre temps et distance, pour ne pas vivre comme un damné. Car là-bas on est libre, n’est-ce pas ? Oui, on est là-bas. On est loin, loin de ma naissance, loin d’eux, loin de moi. Loin de mon langage, loin de ma terre, loin de ma mère. Laissez-moi y croire, laissez-moi rêver, laissez-moi me tromper, m’abuser : oui, là-bas, je serai libre. Après maintes erreurs, maintes souffrances, et maints voyages, enfin, je serai libre. Je serai loin, ailleurs. J’aurai vaincu ? Quand je serai de retour, torturé et serein, piteux et fier, humble et arrogant, jeune et vieux, beau et monstrueux, homme et dieu, libre et mortel, vous pourrez parler et vomir, vous pourrez me cracher dessus, je serai parti et j’aurai vu : crachez, salissez, pleurez, vous êtes aveugles. Vous êtes gras et fixés, crédules et bouffis, bavards et muets, corde et branche : en voulant me tuer, vous m’avez sauvé ; en me sauvant, je me suis mis au monde. Je ne veux pas faire partie des hommes, je suis vivant, je suis libre, je suis seul, je suis amoureux, mais je ne sais de quoi. De la vie, de la solitude, peut-être. De la vie saine, animale et solitaire, violente et belle, dure et douce… Oh, la douceur de la folie… Je ne sais rien faire, je ne sais pas aimer, je suis froid, je ne suis pas de ce monde. Je ne sais que marcher. Faites sans moi, je ferai sans vous. Je n’ai besoin que de moi pour souffrir. Pour être heureux, aussi. Vous, vous m’enfermez. Même en vous montrant simples et aimables, je vous repousse, après vous avoir séduits. Vous êtes affectueux, je vous chasse, sans détour. J’ai de la peine, en vérité, des remords, mais je me montre sans cœur, et vous pleurez, et je vous plains. Je suis un loup solitaire, je ne puis vous aimer longtemps. Je suis trop dur, trop exalté. Je m’ennuie. Vous m’ennuyez. Je vous découvre, je vous aime, mais le terrible ennui m’étreint : vous m’avez tout donné, vous n’avez plus rien, je pars, je vous oublie, adieu. Mais je vous ai admirés, aussi. Là où je vous admire, c’est que vous vous aimez, vous vous aimez tellement que vous prenez plaisir à vous regarder, à vous plaindre de votre médiocrité, visage vide, corps vide, vie vide, vous vous y complaisez, ah ! comme c’est drôle d’être malade ! Puis vous parez à mes coups de vos valeurs, morales, loi… Alors je me tais, pensant à la dignité ; alors je pleure, pensant à ma race. L’être humain est en train de s’oublier, pensé-je, assis par terre, vaincu. En train d’oublier l’amour et la dignité. La solitude vous fait peur, quelle terrible fin que d’être seul avec soi-même ! Mieux vaut se tuer ! Mieux vaut mourir que vivre avec soi ! On est si laid, on est si faible, on est si vide ! Alors vous vous réfugiez dans la chaleur factice du troupeau, dans une solitude plus terrible encore : la solitude de l’identique, de l’anonymat, du non-vivant, de l’objet, de la mort… Vous êtes innocents de votre vie. Vous ne la menez pas, on vous la mène, on vous la tire, on vous la suce, on vous la gobe : vous êtes comme un œuf qu’on gobe. Vous fermez les yeux, priant qu’ainsi la vérité, elle non plus, ne vous voit pas. Mais la vérité est aveugle, et son intransigeance aussi : elle est, et ça suffit. Moi, je me suis vu. Je suis laid devant ma glace, je suis laid derrière mes yeux. Alors j’ai pleuré, longtemps, j’ai versé tant de pus que des graines se sont mises à fleurir à l’endroit même où les fleurs de mon enfance avaient fané. Leur fraîcheur n’était pas retrouvée, ni leur pureté, mais j’ai pleuré d’une autre substance quand je les ai senties. Elles poussaient droites et franches, et à la fragile tige verte, une écorce rugueuse et épaisse avait fait place. Ma défunte beauté, propre à tout enfant, ingénue, timide et généreuse avait mis au monde, ou laissé en héritage, je ne sais, une lumière, un espoir, une nouvelle naïveté, une nouvelle foi, mais plus méfiante, plus rusée, plus désabusée, plus forte, plus dure, plus triste, plus corrompue, aussi. Moi je voulais vivre, je voulais partir. Je ne vous mépriserai jamais, je vous oublierai toujours. De quoi ai-je donc envie ? Un but, une idée, que je ne coure pas pour rien. Des besoins. Les envies, je les ai toutes, et les assouvir m’a fait fuir. Des rêves pour croire à la liberté. Du temps, que je n’aie pas à le compter, que je puisse en perdre sans pleurer. J’eus des vertus que je crus vice ou ingénuité. J’eus de la pureté qui me fit peur et honte. Le chemin tracé que j’ai suivi les yeux fermés m’a ouvert l’esprit de ses silex tranchants, et dans la souffrance et la rébellion, j’ai vu la beauté qui me fut refusée. L’aube de ma vie m’a laissé un goût de crépuscule, et les semences jadis fertiles ne sont plus que désolation et récoltes stériles. L’âge d’or, par la volonté et la cruauté du temps, n’aura été que lâcheté et trahison. L’ange qui fut a perdu ses ailes et dans sa chute brûle ses dernières puretés. Ne serai-je plus jamais fou ? Aurais-je perdu le combat ? C’est la guerre, amis. Je peux toujours mourir. Aucun acte n’est facile ou gratuit. La vie est une flamme qu’à tout moment la mort peut souffler. Elle vacille, elle éclaire, elle illumine, elle brûle, elle s’éteint. Quoi de plus fragile qu’une flamme ? C’est excitant et éphémère, comme la vie. On peut être bougie, travailleuse de l’ombre, tremblotante et dévouée, triste et vertueuse, petite et laborieuse. Belle, romantique, parfois. On peut être feu de joie, éclatement de vie et de rire. On peut être feu-follet, et brûler sa jeunesse. Moi j’ai choisi le feu de l’Enfer, qui court et détruit tout, feu d’amour et de haine, feu de guerre et de mort, feu du monde et feu de moi. Mais souvent, lorsque le soir arrive, nuit éclairée de mes yeux rayonnants, ma colère s’éteint et mon calme réchauffant m’emplit d’une lumière éblouissante, me montre le monde simple, la Nature belle et sereine, mère de toute chose, me prenant contre son sein pour m’endormir, puis en son sein pour m’éveiller à la Chose Unique. Alors je ne ressens plus de dégoût, plus de fatigue, plus de crainte. Je ne fais plus qu’un avec la Beauté, avec la Divine. Ces bruissements de feuilles et de vent, ces cris d’arbres et d’oiseaux, ces caresses d’herbes et de plumes, ces silences majestueux et farouches, font s’évaporer mes haines et mes chaînes. Je ne suis plus qu’émotion et innocence, fils du ciel et de la terre, Etre sans nom ni langage, Etre d’harmonie et de sérénité. Je ne suis plus Moi. Je suis le Monde, l’Univers, la Nature, la Vie. Je n’ai plus ni pensées ni raison, je n’ai plus besoin de comprendre, la Vérité est évidence et simplicité. Il faut être arrivé là, en cette intensité, en cette plénitude, en ce bonheur frais et pur, pour deviner l’erreur de ce qu’on apprend dès l’aube de sa vie. Car ce bonheur n’est pas inconnu, il est celui de notre enfance, innocents jeux de jeunesse, qui nous emportaient dans l’Harmonie des éthers bleus et infinis. Ah hommes ! Pourquoi ces écoles, ces dieux et ces lois ? Vous nous avez fait perdre le chemin du bonheur, en nous sortant du lieu unique et idéal, les yeux bandés, à travers vos labyrinthes d’interdits, de faussetés et de peurs, de mots et d’idées. Il ne vous restait plus qu’à effacer les traces, nous laissant un goût de lointaine félicité, d’honteuse nostalgie, de Paradis Perdu. On a voulu nous faire haïr notre humanité, notre faiblesse, notre condition. Moi, j’ai retrouvé mon royaume d’enfant. Celui où tout n’est qu’un. Le royaume de l’éternité et de la quiétude. La toute puissante, la toute violente Nature. Je suis mortel, oui. Comme toi. Mais éternel aussi. On ne cherche pas la nature. On y vit, ou pas. J’y avais une terre, autrefois, et un domaine, et une maison, et un refuge. Tout a flambé. Tout est détruit. Tout est fini. On cherche la nature. On n’y trouve que des cendres. On se baisse, on ferme les yeux, on tâte, on gratte, on creuse, on s’enfouit de souvenirs, on étouffe, on sanglote. Des poutres, des voûtes, des portes, des jardins, des fruits, des barrières, des chevaux, des montagnes, des mers, des pays, des univers… Des guerres, des femmes, des pommes et des portes qui claquent, des poutres qui craquent, des voûtes qui s’effondrent, et des jardins qui pourrissent, et des mers qui s’assèchent… et des cheveux qui s’arrachent. Des cendres. Entre des doigts secs, dans une cascade morbide, retournent à la terre et se diluent dans les larmes et la bile. Phénix est mort. Claude Lamothe
June 10, 2007 07:35 AM PDT
violoncelliste Qui craint le grand méchant loup, méchant loup, grand loup noir
May 29, 2007 04:47 AM PDT
TEXTE DE FLORIAN LASKA Qui craint le grand méchant loup, méchant loup, grand loup noir
Dans ce royaume merveilleux, il n’y avait pas de roi… - Alors il n’y avait pas de prince, ni de princesse… ? - Ben non, il n’y en avait pas, c’était une république, et les hommes étaient libres de faire… - Ben c’était pas un royaume merveilleux, alors. Tu peux me raconter celle où le roi… - Si tu veux que je te raconte une histoire, tu ne m’interromps plus, d’accord ? - Promis… Hum. Dans ce royaume, donc, il n’y avait pas de roi. Les hommes étaient libres de choisir celui qui les commanderait. Ils en étaient fiers, car ils s’étaient battus pour cela. La vie devenait enfin belle, les amoureux plus amoureux qu’avant, le travail plus agréable, la mort plus douce. - Ah ? - Chut. Au tout début, pourtant, les choses ne furent pas simples. Des hommes maigres, sales, vêtus de noir ou de gris, tapis dans l’ombre des belles demeures, se réunirent pour briser l’harmonie du royaume… - Ils étaient méchants ? - … Ils étaient maigres et sales. - Ah, ils étaient méchants. - … Ces hommes vivaient reclus dans de petites chambres, aussi sales et sombres qu’eux, et semblaient ne pas être heureux... - Mais ils avaient pas choisi le gentil chef ? - Ils en avaient choisi un autre. - Alors ils étaient jaloux… C’est pas bien. - … Eux aussi s’étaient battus pour la liberté, mais il leur semblait qu’on ne leur donnait pas celle qu’ils avaient prise. Alors, un jour, sous un soleil magnifique, ils décidèrent de la reprendre, et cette fois de la garder. Le chef, du fond de son château, entouré des habitants des belles demeures, prit peur. La liberté, si chèrement obtenue, était en danger. Il envoya pour se protéger les enfants des hommes maigres et sales qui grâce à lui avaient trouvé un travail, et ces derniers lui en rendirent grâce en tirant sur leurs pères. Sauvé in extremis de ce qui aurait pu être la fin de l’histoire, et tout heureux de s’en sortir à si bon compte, le chef consentit généreusement à accorder les quelques prières des hommes maigres qui avaient survécu. Ces hommes étranges demandaient que l’on travaillât moins, et qu’on gagnât plus d’argent… - Alors là !...Il est vraiment gentil, le chef ! - … Ils demandaient aussi que les enfants ne travaillent plus, et de temps en temps, de pouvoir s’arrêter un peu, pour partir en vacances. - Ah, c’est bien… Ils ne pouvaient pas avant ? - Ben non. - Ah. Puis, avec le temps, les choses reprirent leurs cours normal. La vie redevenait enfin belle, les amoureux plus amoureux qu’avant, le travail plus agréable, la mort plus douce. Pourtant, rôdant alentour, tapie dans l’ombre des belles demeures, traversant champs et forêts, villages et faubourgs, éternellement la fatalité avançait menaçante. Le monstre froid, implacable, inéluctable, tapait aux portes. - Le grand méchant loup ? - La misère, mon ange. La misère… - Ah. Elle épiait déjà sa première victime. Bientôt elle se jetterait sur elle, et la dévorerait. Les hommes des champs vinrent demander de l’aide au chef que les gens des belles demeures avaient choisi. Celui-ci, las de ces fabliaux d’un autre âge, et très occupé à embellir les avenues bordant les demeures de ses gens, renvoya les messagers non sans leur rappeler que c’était eux qui avaient demandé à moins travailler, et que lorsque l’on était oisif et négligent, il fallait s’attendre à ce que le monstre froid les en punisse. Après tout, leur dit-il avant de les faire expulser, ce n’était pas en construisant des logis de paille qu’on pouvait être au chaud. A trop vouloir jouir de la vie, à trop exiger de la liberté, un jour la liberté coupait les vivres. Si l’on voulait que le plus grand nombre continuât à vivre heureux, l’on ne pouvait continuellement assister quelques geignards paresseux. S’ils voulaient gagner plus, il fallait travailler plus. Ce n’était pas en jouant de la flûte aux bonnes œuvres que la société les accepterait. La vie reprit ses droits, et le chef fut acclamé. On louait l’autorité avec laquelle il renvoya ces hommes maigres et sales, et le remerciait d’avoir sauvé les meubles cirés des belles demeures, assurément lorgnés par ces yeux plein de haine et d’envie. Mais le monstre, que l’appétit tourmentait, n’était pas rassasié. La misère, lentement, à pas de loup, cherchait sa pitance. A sa grande fureur, les habitants des champs avaient fui de leurs logis de paille, et s’étaient réfugiés auprès de leurs frères des faubourgs. Ceux-là se montraient plus gras, plus durs, plus forts. Les murs de leurs toits plus épais, mieux gardés, plus sûrs. Elle prit une terrible inspiration, et souffla sur les panneaux de bois qui ne résistèrent pas plus que la paille des champs. Puis elle s’abattit sur eux, et dévora les plus faibles. Et elle riait à pleines dents ! Décidément, cette merveilleuse cité était faite pour elle ! Lorsque les hommes maigres et sales des faubourgs voulurent se défendre, ne voulant point céder à ses crocs acérés, et qu’elle crut même un temps devoir se retirer, les gens des belles demeures jetèrent sur eux des bâtons vêtus de bleu et de vert, qui terrassèrent les plus résistants, et enfermèrent les moins rapides. Les auxiliaires de la misère lui offrirent ses proies sur un plateau d’argent. Quelques survivants, quelques idéalistes des faubourgs, se présentèrent au devant du chef que les gens des belles demeures avaient choisi. Celui-ci, las de ces dérangements incessants, et très occupé à bâtir le monument qui marquerait l’histoire de son empreinte, renvoya les indélicats non sans leur rappeler que le désordre ne menait jamais qu’à l’exclusion, que c’était eux qui avaient demandé à ce que la liberté fût sans entraves, et que lorsque l’on se revendiquait du chaos, il ne fallait pas s’attendre à ce que l’ordre et la sécurité leur soient égalitairement prodigués. Après tout, leur dit-il avant de les faire enfermer, ce n’était pas en s’entassant comme des animaux dans des logis superposés qu’on pouvait s’intégrer dans la chaleur du troupeau. A trop vouloir jouir de la vie, à trop exiger de la liberté, un jour la liberté coupait les vivres. Si l’on voulait que le plus grand nombre continuât à vivre heureux, l’on ne pouvait continuellement laisser dehors quelques émeutiers infidèles. S’ils voulaient vivre mieux, il fallait prier mieux. On ne l’apitoierait, ni ne l’amollirait. Ce n’était pas en jouant du violon qu’on pouvait l’éviter. Au trou, donc, et qu’on le laisse en paix. La vie reprit ses droits, et le chef fut acclamé. On louait la force de caractère qu’il montra devant le chantage, l’intransigeance avec laquelle il renvoya ces hommes maigres et sales, et le remerciait d’avoir protégé les portes moulées des belles demeures, que des ongles crottés eurent assurément crochetées. Mais le monstre, que l’appétit rendait féroce, n’était pas rassasié. La misère, lentement, à pas de loup, cherchait sa pitance. A sa grande joie, les habitants des faubourgs furent repoussés par les gens des belles demeures, qui n’avaient plus, eux, de point de repli. Elle abandonna donc les êtres hâves à leur sort, c’est-à-dire à son alternative, sa sœur jumelle, la guerre. Elle lui cédait les piteux décharnés, qui y trouvèrent la fin de leurs tourments, la mort. Puis elle se dirigea vers les pierres taillées des belles demeures, et fondit sur les hommes gras et propres, transits de peur, et non de froid, fléau que leur cuir transparent ne connut point. Elle prit une terrible inspiration, et souffla sur les murs bétonnés de multiples couches de crépi, souffla encore, souffla si fort que les murs en tremblèrent. Alors les hommes gras et propres, qui ne purent contre l’éternelle ennemie envoyer les enfants des hommes maigres et sales, qu’elle avait déjà digérés, résolurent d’embarquer par millions les hommes les plus maigres et sales du monde. Ils leur promirent la liberté qu’ils n’avaient pas chez eux, le bonheur de vivre une vie enfin belle, où les amoureux étaient plus amoureux que chez eux, le travail plus agréable, la mort plus douce. La misère recula brusquement. Devant l’arme terrible qu’on lui présenta, aux munitions illimitées, ses crocs ne trouvèrent rien à mordre, tant la couenne aride et tannée avait été mâchée et remâchée, depuis des siècles et des siècles, des générations et des générations, par ses sœurs aînées, qui s’y étaient cassées les dents. L’habitude du monstre ne faisait plus peur à ces hommes maigres et sales, et l’on pouvait même dire que celui qu’ils trouvèrent dans ce royaume sans roi faisait figure de prince. Dans les salons des belles demeures, on entendit à nouveau le son joyeux du piano, dont les accords dissonants n’arrivaient pas à briser l’harmonie. Avec le temps, la vie reprit ses droits, et l’on changea de chef. Les enfants des belles demeures n’arrivèrent pas à comprendre comment celui-ci avait pu accueillir tant d’hommes maigres et sales, qui se reproduisaient à une vitesse folle, dans le seul but de s’approprier leurs biens, rudement conservés, malgré les tourmentes de l’histoire. - Mon ange ? Tu dors ? Fais de beaux rêves. Festival Anti-Spleen, prise 14, La Rue
May 22, 2007 09:52 PM PDT
J’aboutis au cœur de mon imaginaire. Ce maudit Pont Croche qui m’obsède depuis ma toute première journée dans Granville, ben me voilà en dessous. Pas que je m’en sois projeté pour m’écraser ici, ce qui aurais pu, mais parce que j’habite sous son ombre, dans la station de pompage à Craig, l’homme à cause de qui on a crochi le pont. D’ailleurs, bien avant sa construction, v’là soixante-quinze ans, on construisait sur du solide. Des stations de pompages pour vider le trop plein des rivières et ruisseaux. Qui méritaient aussi qu’on crochisse les ponts pour que leurs semelles se posent sur du sol stable. Les triplex et les condos sont arrivés pas mal plus tard, sur du sec qui craque quand les cours d’eau ont été asséchés. Pas pour rien qu’on pieute les maisons qui n’ont même pas vingt ans. J’ai de l’histoire, vous savez! C’est comme si cet endroit m’était destiné; ma vie j’ai eu peur de me ramasser à la rue. M’y voilà. N’allez pas croire que ça me réussisse si mal! C’est que j’ai toujours été débrouillard. Je ne m’ennuie pas, je vous écris. Je ne suis pas sans abri, j’ai la station de pompage qui m’abrite, oubliée, ce qui m’habille parfaitement, On m’oublie et ça aussi ça fait mon affaire. J’ai des voisins pour roucouler, les pigeons. J’ai leurs fientes pour me chauffer si je les compresse bien. Leur poitrine pour me nourrir, quelquefois, l’hiver, quand la quête n’a pas bien été. Ou qu’il faisait trop froid pour sortir. Somme toute, ma vie est assez bien réglée, sans trop de comptes à rendre et surtout, sans aucun compte à payer. J’ai des journées difficiles itou. Un peu comme celles que vous m’imaginez, mais ça n’arrive pas souvent. Ce soir, par exemple. J’allais manger à la Maison du père et chercher des vêtements propres. Aux douches, j’ai été pris la main dans la poche de mon voisin. Pour quelques minables petites Dilaudids, on m’a cassé le nez. À l’hôpital, on m’a traité comme un pestiféré. À minuit, on m’a viré dans la pluie. En marchant le kilomètre qui me sépare d’ici, j’ai réussi à échapper à une gang de punks qui s’amusent à fesser sur les gars, fifs ou bums. Ne me traitez pas de paresseux, je mérite quelques jours de congés, pour le moral, et pour le nez. Ne vous inquiétez pas, je ne resterai pas à rien faire, je travaille à mon film. Vous vous adorerez, je le savoure en avance. Il n’y a pas de mal à admettre que nous sommes tous un peu voyeur. J’ai appris ça de mes psys qui, d’ailleurs, peuvent aussi être les vôtres. Jusqu’ici, tout va bien. Je crois que nous commençons à nous comprendre. Vous savez, moi, je vous connais. En fait, je vous observe depuis plusieurs années alors que moi je marche inaperçu. Vous prenez toujours le même métro, à la même heure, dans les mêmes bottes, avec la même face. Je suis là ou je ne suis pas là, vous ne pouvez pas savoir. Si vous êtes cocue, je le sais. Il ne s’agit pas seulement de marcher, il faut voir, aussi. Vos cheveux moirés à la mode vous empêchent de regarder autour. Vous êtes des poules mouillées emplies de frousse. Remerciez-moi de vous rendre un peu de lustre dans mon film. Ma station sera parfaite pour les scènes en huis clos. Les phares des voitures se jètent par les fenêtres sur les murs de pierres de taille qui tiennent toujours les uns sur les autres, même après plus de cent cinquante années d’existence. La poussière et les duvets de pigeons qui voltigent du sol jusqu’aux poutres de bois de la charpente du toit font l’atmosphère. Idéal pour les scènes de rumba. Pour les bagarres, aussi. Si le chef a besoin d’un lieu d’intimité, son alcôve peut se situer dans la cave, à travers la mécanique de pomperie et les tuyaux au diamètre assez large que lui-même pourrait s’y cacher en cas de pépins majeurs, pour se faire oublier un peu. Je tiens mon sujet, vous savez! Je réserve la scène finale à cette Maison du père, Une grande explosion où tout le monde périra. Je ne sais pas encore comment, ni le moment. Le scénario se construira sur la préparation de l’embuscade. Une succession de scénettes montrera comment le chef attire tous les petits crosseurs de la rue, la même nuit, dans la Maison. Et puis, Boum! Les gars n’auront jamais autant itinéré. Partout des morceaux dans Granville. On m’acclamera de par le monde. Je bouderai ceux d’ici qui ont nié mon génie. En attendant, j’ai un autre problème à régler. Mon ex va encore tout me prendre quand je tenterai de profiter de l’usufruit de mon talent. Deux fois, déjà, elle m’a tout fait perdre. Une actrice de grand potentiel qui aurait dû suivre mes conseils plutôt que de saboter mon œuvre. C’est quand même moi le metteur en scène, non? D’ailleurs, c’est elle qui est venu à ma rencontre sur un banc de parc alors que j’étudiais un classique de Mouawad. L’opportuniste voyait en moi le «projecteur de sa carrière». À cette époque, j’avais une maison sur la rue cotée de la belle ville de Outre-la-montagne. Elle a insisté pour venir habiter chez moi dès l’instant où elle m’aborde. «Nous travaillerions nuits et jours», disait-elle, J’ai rapidement découvert qu’elle préférait travailler couchée et que pour la scène il faut parois jouer debout, sinon on trempe dans la porno et ce n’est pas mon genre. OK, on peut s’amuser un peu, mais quand on puffe du crack en même temps, on finit par y mettre tout c’qu’on a. J’étais ingénieur en sabbatique, J’ai construit des ponts plus grands et plus croche que celui sous lequel j’habite. J’ai perdu plus de deux millions américains, parce que j’exigeais d’être payé en vrais dollars. J’amassais pour tourner à Hollywood, le génie civil ne me permettant plus de développer mon plein potentiel. Elle m’a offert ma première pipe, c’était foutu. On sort du crack de deux façons : par une thérapie de l’humiliation, ou par le pont qu’on aborde par le haut. Heureusement, j’ai eu le courage de réussir la première et de me contenter de regarder le pont par en bas. Le saut de l’ange, très peu pour moi. Je n’ai jamais prétendu être parfait Bref, dès qu’elle verra mon nom à l’affiche, elle voudra prendre l’avant-scène. Remarquez qu’elle est belle. Nous formions une paire que tous enviaient. Nos corps pouvaient se souder d’émois à longueur d’heures. Ses sucs me nourrissaient, je m’en lavais la peau. Je n’ai jamais su comment lui dire non. Elle réussissait toujours à me faire taire avec sa langue. C’est ça mon problème, je suis trop doux, je cède. Comme la deuxième fois où j’ai tout perdu à cause d’elle. Je faisais mon travail alimentaire, quotidiennement, à l’angle… …à l’angle Notre-Dame et Richard, dans un village qui se prononce comme le nom d’un fromage. Je bummais gentiment, en offrant des jokes à une piasse la minute. C’est comme ça que je l’ai fait rire, rictus qu’elle n’avait pas exercé depuis longtemps. LaRue Festival Anti-Spleen, prise 13, Aloredelam
May 22, 2007 01:11 PM PDT
Mais je ne m’étendrai pas au soleil,
aloredelam narration par KarO des carOlinade Festival Anti-Spleen, prise 1, Marie Rennard
May 22, 2007 02:40 AM PDT
Saboteur. Il se rêvait gantier
Marie Rennard Festival Anti-Spleen, Kenza, prise 2
May 21, 2007 05:01 PM PDT
La quête d'une vie J'ai erré longtemps avant de te trouver, et même encore aujourd'hui tu m'échappe des fois, que pourrais-je être sans toi. Tu es là un moment et un autre je ne te trouve pas, alors je me replis sur moi-même et je ne sais plus fonctionner, je me perds, je suffoque, je te cherche encore et encore … je regarde autour de moi… pourquoi, au moment où je m'y attends le moins, tu t'éloigne de moi? Ce rideau est épais, ce rideau qui te cache de moi, ce rideau je le sais bien, il fait partie de moi, il est en moi, c'est moi-même qui le crée, c'est moi-même qui l'étend, c'est moi-même qui le tire, c'est moi-même qui l'ait fait, si épais… C'est moi-même ou les autres, parfois j'aimerais le dire, ce n'est pas moi c'est eux, c'est eux qui le soulèvent… je le dit et le redit, me sentirais-je plus sereine? Apaiserais-je mes craintes? Mes craintes s'endorment, le temps d'un petit som, le temps d'une pause et le rideau opaque, de plus en plus opaque, il est toujours là. Je me débats encore, je te vois t'éloigner, mes cris ne sortent pas, je me sens lâche et vile, je ne veux pas de miroirs, ces miroirs au fond de moi, ces miroirs cruels, ces miroirs qui me renvoient mon visage sans toi… sans toi, mon visage est flou, mon visage ne me plait pas… mais je souris quand même, des sourires difformes, des sourires en grimaces, des sourires pour les autres, tous ces autres autour de moi, qui endorment mes craintes, qui veulent guider mes pas… toujours loin de toi. Je m'enfonce et m'enfonce, toujours plus profond, mes sourires s'étirent, mes craintes s'apaisent, la foule est plus dense mais toi tu n'y es pas. Mais très vite la foule m'étouffe, mes craintes sont lasses de dormir, mon sourire n'en peux plus de s'étirer, mes miroirs, que j'avais, un instant, oublié, se rappellent à moi. Qu'ai-je donc fait à ce visage qu'ils me renvoient? J'ai oublié ses traits, ses traits ne se voient pas, ses traits sont diffus, j'ai perdus mon nez, mes yeux ne brillent pas …. J'ai tant besoin de toi. Alors je tends la main, je veux tirer le rideau, ce rideau si épais, ce rideau devenue lourds, pourrais-je le tirer, j'en ai longtemps douté, j'ai douté de ma force, j'ai douté de ma volonté, j'ai douté de moi, j'ai douté de toi, car le doute, ont le sait, affaiblis les grands, affaiblis les forts, que dire alors de moi? Mes miroirs me poussent. Je ne peux plus voir ma grimace devenue hideuse à mes yeux, je ne peux plus entendre ma voix éteinte devenue grincement à mes oreilles… tous me poussent, poussent mon bras, mon bras devient fort, mon bras s'étend vers toi, il s'étire et s'allonge… et comme une évidence, tu as toujours été là, à côté de moi, c'est moi qui ne te voyait pas… même si tu es en moi… même si tu es moi… Kenza narration par Karo des carOlinade Zoune POUTAIN, Sketch inspiré des CarOlinade
May 20, 2007 09:08 PM PDT
OuffFfF ! J’arrive en ville ! Y’a du macadam et des pissenlits entre la ruelle et l’avenue. Pas envie de débat. Débattre ! Débattre ! Ce n’était pas la cause, ni le but. Enfin. PfFf ! C’est pas ce que ça suscite chez moi. Bon. Qu’est-ce qui se passe ici ? Y’a t’y … un derme et un et pis qui cherchent de quel bord le poil pousse ? Bêêêêêê. Yé souis zin mouton esclave de l’argent ! Yé souis zoune poutain. Ouais ! Oune poutain. T’as peurRRrrrrr, hein ? Oune pas damne. Oune sert villes, sert fric, sert patrons, sert chefs d’équipe, et mon sert-gorge est tombé par térre… aoutch !GrrRrrRrrrrr ! T’as peur hein ? Oune poutain, cé laid comme l’asphalte toute craquelée, y’a du poump, du pamp et du pimp qui jouent… entre les craques de mes fresques. BANG ! yé souis oune poutain, t’as pu peur maint’now. T’es déjà parti. Yé vend mon âme et mon temps à des êtrRrrrrRrrrrr affamés de statistiques, performance et argent. Un JourrrR tu es le héros… puis après. Il y a un point. Rien d’autre. Remplaçable. Chassable. Jetable. Ouais… Oune poutain à l’hymen renouvelé. À la ruelle signée sur la peau. Bienvenues. Les débats de coqs de poules et de moutons, bêêêêêêêê ! je m’en tape, à 100 $ l’heure. Écolo-délogistique qui fait des statistiques marketing fric froc frac toute la journée. Yé souis zoune poutain. Une vrRrrrrraie. Yé souis passée dé la rouelle aux borrrRrrrdels… maint’now yé vend des chars d’ass ho ! Yé fourre le peuple pour le patwron. Moi. Non pas moi. Toi. C’est ça. Tu me regardes hein ? Tu penses que la poutaine n’est pas belle hein ? T’as raison. Yé souis oune poutain partie pour la flore. Bye. M’en vas en forêt. Pas plus putain que toé pis moé. Hé !!! Festival Anti-Spleen, S. L'EXILÉ prise 18
May 20, 2007 06:32 PM PDT
c’est d’abord son propre ouvrage qu’on sabote puis
May 20, 2007 06:53 AM PDT
duo narration Karo des CarOlinade & Nina louVe Sabotage : mode d'emploi LAVI : Il a tout gâché.
Un temps. Lamor salive pendant que Lavi se frotte les mains frénétiquement. LAVI : Tu vas gâter ta robe!
Un temps. Lamor fixe Lavi pour la déstabiliser. Lamor prend une roche et la caresse puis fait mine de vouloir assomer Lavi. Elle regarde les spectateurs, rit avec eux. Lorsque Lavi la regarde, elle continue à caresser la roche. LAMOR : Tu as manqué ta vie.
Lamor empoigne Lavi et tente de l'assomer avec la roche. Elle râte son coup. LAVI : Je savais que tu ne résisterais pas à ça. Tu as manqué ta vie, galvaudé ton existence, gâcher ton métier; t'es comme une dent gâtée par l'humidité, privée de ta beauté, tes qualités naturelles sont en mauvais état, back order. Tu as pris goût à saloper tes devoirs, tu t'es enlaidie, décrépie. Comme le mauvais temps, tu te gâtes. Lamor court après Lavi en un tourbillon sans cesse plus rapide. Les deux s'effondrent par terre, la roche les séparant. LAMOR : La mort va t'altérer l'esprit et te gâter, t'endommagée tellement que tu en ressortiras gâteuse, l'esprit mou comme un meuble en mal d'âme; ou un vêtement oublié derrière la laveuse. Tu seras aussi abîmée que le boxeur qui mitraille son adversaire sur la gueule. Ça va barder, t'inquiète. Faute de savoir en profiter, tu vas mourir seule.
Lamor empoigne la roche et écrase la tête de Lavi. Le sang coule sous la roche. Lamor se frotte les mains avec soin. Doucement. Festival Ant-Spleen, par Karo pour Aloredelam
May 19, 2007 04:09 PM PDT
Mais je ne m’étendrai pas au soleil,
aloredelam Le Sexe Fort de la Fleur, par Plaiethore
May 19, 2007 01:47 PM PDT
Je n'aime pas les terres infertiles ou infructueuses, les sols ingrats, incultes, voire infermentescibles. Je leur préfère les friches aux parfums âpres de ravage où prennent racines les bourgeons de la lubricité. J'ai une attirance malsaine pour la mauvaise herbe et pour les inflorescences sauvageonnes qui croissent entre les pavés cimentés du conformisme. Ma prédilection va aux plantes rebelles - en particulier les spigaous de Provence et le chiendent -, aux fleurs de gouttières, aux gerbes sauvages dont les feuilles dentelées cachent des petites grappes feutrées ou des pétioles délicates et charnues. Car enfin, ces plantureuses floraisons spontanées pourront exciter l'imagination des moins sages d'entre nous. Il suffit de le vouloir. L'imagination se travaille, s'arque boute à volonté... Les vierges pas si sages sortent des murs efflanqués comme par enchantement, le follicule fier ou timide, la corolle entrouverte ou le calice offert, les belles gousses velues, les pistils en éveil ou l'androcée pleine de pollen. Tout rappelle que cette vie n'est pas encore domestiquée, domptée, sellée, chevauchée et que le labour furieux pouvant être pratiqué, perpétue la vie à l'entrecuisse du bucolique.
Le liseron rampe, la cambrure insolente offerte au vent. Les creuses, les voluptueuses, les triangulaires, les ouvertes, les fières de col, les fausses chastes, les profondes, les hermaphrodites, les goulues, les étroites, les matures, les séminales, les petites ou grandes labiées, les montreuses d'excroissance sensitive, les pelotonnées, les superficielles à la douce muqueuse, les pavillonnaires, les pondeuses, les repues, les pileuses, les androgynes, les glabres, toutes s'ébattent et s'égrainent aux souffles vivaces ou rauques des vents pygmaliens et vont pousser plus loin, ailleurs, au hasard d'une matrice humide, ou d'une grotte chaude et sombre. Ephémères et éternelles au cycle des saisons sans menstrues, éclosez dans l'inépuisable trompe d'abondance et folâtrez à foison sur les trottoirs, comme les enfants naturels aux futures toisons d'or… dans le grand jardin du Seigneur du Cul du monde champêtre, du puissant Saboteur de spleen citaïque. Plaiethore Festival Anti-Spleen, Solitaire
May 19, 2007 11:19 AM PDT
En fin de compte, nous ne sommes pas aussi différents. Nombreux sont ceux qui parlent, mais peu sont ceux qui disent.
Quelques uns disent ce qu'ils pensent, d'autres pensent ce qu'ils disent.Quelques uns écoutent, d'autres s'écoutent.
Quelques traces sont ineffaçables, d'autres seulement disparaissent lorsqu'un autre marcheur parcourt le même chemin. Nombreux sont ceux qui rêvent, mais juste quelques uns le font avec les yeux ouverts.Quelques uns voient, mais parmi eux très peu observent. Tous meurent, mais pas tous vivent.Tous naissent, mais pas tous grandissent.Quelques uns vivent, mais pas tous ont une vie. Quelques uns vieillissent, mais seulement quelques uns mûrissent. Quelques uns demandent, d'autres se demandent. Tous enseignent mais seulement quelques uns apprennent.
Nous fûmes tous un jour des prisionniers, même sans avoir mis les pieds en prison. Nombreux sont ceux qui réussissent à sortir de prison, mais d'autres n'ont rien pour payer leur caution. Nombreux sont ceux qui vivent en liberté, mais parmi eux très peu savent ce qu'il faut faire avec elle. Quelques uns savent utiliser cette liberté, mais parmi eux encore moins l'utilisent à bon escient.Quelques uns se taisent parce qu'ils ignorent, d'autres parce qu'ils savent. Comme présent est l'absent.Comme lorsque retombe le bruit du silence.C'est que, si tout le monde se tait en même temps, un écho se fait entendre, gênant, incommode et si tout le monde parle en même temps, on n'entends plus rien. Pas seulement les muets parlent sans mots. Souvent avec les yeux fermés nous voyons mieux. Quelques uns croient en Dieu, quelques uns ne croient en rien, d'autres croient en eux-même, mais en fin de compte, nous croyons tous en quelque chose. Nous sortons tous du même trou et nous irons tous au même trou. En fin de compte, nous n'étions pas aussi différents les uns des autres. Nous étions ou sommes tous le saboteur de quelqu'un. Le saboteur des uns...Le saboteur des autres... Solitaire Festival Ant-Spleen, Tyrane
May 19, 2007 10:54 AM PDT
Le saboteur Silence,
« Toi, parasite fidèle de ma boîte noire,
«Fragile âme en peine osseuse que tu es, je ne mendie jamais ton appel pour me nourrir de ta cervelle. Il suffit à mes narines de s’envahir de ton odeur de victime sans espoir, pour sortir de ma boîte de pandore. Car je suis l’habitant démoniaque et permanent de ta demeure, sans bail et sans chaleur qui colore les murs de tes petites douleurs et de tes plaintes. Ce soir encore, je viens inviter ton ange à dîner de mes sarcasmes aux chandelles de ta candeur. Je viens lui faire boire ta douce insouciance qui coulait avant, nue, pour l’enivrer de mensonges. Nous croquerons les grains de ton innocence, engloutironS les restes de tes croyances et dans cette indigestion de farces malsaines, nous punirons tes songes de nuées acides. Tu peux faire semblant de te débattre et d’agiter tes ailes flétries, nos ricanements d’impudeur pure couvriront tes cris silencieux » «Toi, audacieuse vermine de ma raison vermoulue, viens et provoques !!! Tu n’es décidément que le convive de mon imagination. Tu habites ici, mais je suis ta propriétaire, tu es ma créature, car je t’ai cousu de mes mains au fil de fer. Pendant que tes festins te remplissent la panse et dévergondent mon ange, je continue à déverser à ta table toute ma bouillie infertile et sombre. Tes orgies et tes ricanements sont autant d’échos à mes viscères enfin vides. Saches, qu’à chaque fois que tu vas t’endormir, repu, derrière mes yeux éteints, je continue à te raconter des histoires pour te bercer de tout mon amour et de toute ma rage… mon enfant ! » Tyrane Festival Anti-Spleen, Valombreuse
May 19, 2007 10:39 AM PDT
Lui, marchant à côté d'elle, poussant un vélo sur un chemin de campagne désert. Un soir, hier ou demain... -Alors, nous y voilà?
-J'entends ton coeur.
Il se penche et l'embrasse. Commence son voyage. Dame Valombreuse Je ne te hais point, par Lubna
May 19, 2007 06:38 AM PDT
Laissez moi vous attraper à la gorge, que je m’agrippe, m’accroche à vos cordes vocales, boucler ma rage d’un dernier râle. Le supplice n’a que trop duré, pour peu vous supplier, vous, supplicié, que cessent mes miaulements, ces maux que je mâche, mastique, d’un grincement d’acier, alors que le vent gémit dans mes poumons.
May 15, 2007 02:16 PM PDT
Par Richard Desjardins, un grand ! Pourquoi, diable, voulaient-ils qu'on se trompe avec eux ?
May 12, 2007 11:07 AM PDT
texte : Piotrevski
narration : Nina louVe (extrait) Il n'était pas question que j'en sois. Je ne ferais pas partie de ce clan. Je ne serais pas un salaud. Ils avaient élevé un chien pour attaquer les chevelus et les nègres. Ce sont leurs termes. Je te jure que c’est vrai. Ils le lâchaient dans la rue, l'air de rien, quand ils voyaient "un specimen". Ce sont leurs termes. Ils trouvaient leur identité contre celle des autres, bien incapables d'en construire une par eux-mêmes. Je les trouvais beaux, moi, ces gens de côté. Les fleurs, les cheveux, la danse, la fumée, la solidarité, les fringues élégantes. Ils ne se glorifiaient pas de leur souffrance, ils ne s'en faisaient pas des dieux, ils traitaient le monde avec distance, avec respect, ils ne se flagellaient pas, ni à palabrer ni à geindre ni à plaindre les plus faibles ni à les tourmenter. Je trouvais ça chaud, moi, mes poteaux, mes enfants fleurs. Je laisserais les fous se bouffer, se mordre, s'assommer en choeur. Nous, on vivrait sans remords. On aimerait sans frais de port. On aurait pas peur. Sans y penser. Vivre, mourir, en paix, serait notre dignité. On m'avait dit: tu ne seras jamais rentier, on te déshéritera, si tu continues de refuser on va te casser. Tu seras seul. A quarante ans, ce sera mons drôle, les femmes aiment l’argent, le confort, comment vivre sans femme, ni confort ni famille... Le niveau de leur questionnement m'a toujours effaré. C'est dire le niveau. Sans famille. Cette ordure. T'as tout pour sauf que t'es trop buté. Tu perdras tes dents, tes amis, tu dormiras dehors, assisté dépendant
tiens, mange
je me verrais matin
ma joie, ils me la feront payer j'avais pas cru qu'ils nous jetteraient
oooooooh oui les placards de leur vacuité
très très chers… Tu suis le mouvement ou tu déguerpisses
le vieux la vieille les génisses géniteurs éducateurs
Te faire à leur image : raide, rigide, aigri
TU PLIES OU TU TE BARRES
MES TRES TRES TRES CHERS... COMPATRIOTES. EH BIEN, VOUS SAVEZ QUOI ?
Pourquoi, diable, voulaient-ils qu'on se trompe avec eux ?
May 12, 2007 11:06 AM PDT
texte : Piotrevski
narration : Nina louVe (extrait) Il n'était pas question que j'en sois. Je ne ferais pas partie de ce clan. Je ne serais pas un salaud. Ils avaient élevé un chien pour attaquer les chevelus et les nègres. Ce sont leurs termes. Je te jure que c’est vrai. Ils le lâchaient dans la rue, l'air de rien, quand ils voyaient "un specimen". Ce sont leurs termes. Ils trouvaient leur identité contre celle des autres, bien incapables d'en construire une par eux-mêmes. Je les trouvais beaux, moi, ces gens de côté. Les fleurs, les cheveux, la danse, la fumée, la solidarité, les fringues élégantes. Ils ne se glorifiaient pas de leur souffrance, ils ne s'en faisaient pas des dieux, ils traitaient le monde avec distance, avec respect, ils ne se flagellaient pas, ni à palabrer ni à geindre ni à plaindre les plus faibles ni à les tourmenter. Je trouvais ça chaud, moi, mes poteaux, mes enfants fleurs. Je laisserais les fous se bouffer, se mordre, s'assommer en choeur. Nous, on vivrait sans remords. On aimerait sans frais de port. On aurait pas peur. Sans y penser. Vivre, mourir, en paix, serait notre dignité. On m'avait dit: tu ne seras jamais rentier, on te déshéritera, si tu continues de refuser on va te casser. Tu seras seul. A quarante ans, ce sera mons drôle, les femmes aiment l’argent, le confort, comment vivre sans femme, ni confort ni famille... Le niveau de leur questionnement m'a toujours effaré. C'est dire le niveau. Sans famille. Cette ordure. T'as tout pour sauf que t'es trop buté. Tu perdras tes dents, tes amis, tu dormiras dehors, assisté dépendant
tiens, mange
je me verrais matin
ma joie, ils me la feront payer j'avais pas cru qu'ils nous jetteraient
oooooooh oui les placards de leur vacuité
très très chers… Tu suis le mouvement ou tu déguerpisses
le vieux la vieille les génisses géniteurs éducateurs
Te faire à leur image : raide, rigide, aigri
TU PLIES OU TU TE BARRES
MES TRES TRES TRES CHERS... COMPATRIOTES. EH BIEN, VOUS SAVEZ QUOI ?
May 08, 2007 04:32 AM PDT
Flick, petit film de milles milliards de secondes
Les secondes fondent,
Malgré nous… mi amor
Par choix, puisque oui, on réfute la peur
Le soleil tourne
Une bella tendresse sort
Le directeur cesse de causer
Le clap ne clap plus
La mort se désiste
Le film, d’ors et déjà débute en projection privée Sur un écran de tapis et de draps
Rien,
De virgules en parenthèses,
Seize millimètres façon Wenders
Deux pays traversés, deux villes jointes,
Sépia
Femme volage
Clochards dérivés
La Mort affronte l’Amor Ma muerte de 8 saisons plein soirs
May 08, 2007 04:29 AM PDT
Flick, petit film de milles milliards de secondes
Les secondes fondent,
Malgré nous… mi amor
Par choix, puisque oui, on réfute la peur
Le soleil tourne
Une bella tendresse sort
Le directeur cesse de causer
Le clap ne clap plus
La mort se désiste
Le film, d’ors et déjà débute en projection privée Sur un écran de tapis et de draps
Rien,
De virgules en parenthèses,
Seize millimètres façon Wenders
Deux pays traversés, deux villes jointes,
Sépia
Femme volage
Clochards dérivés
La Mort affronte l’Amor Ma muerte de 8 saisons plein soirs
May 08, 2007 02:19 AM PDT
L’encre de fièvre Tu m’fais bander Baïe-bee rut
Encre de fièvre hors bahut
Tu m’fais river les griffes aux draps
Encre de fièvre
Baïe-Bee
Tu m’fais rêver rivée bandée
Ö… Baïe-Bee rut
voilà... Point G. Q levé. A dessiné destiné dessous loVé J'M hésitants. B bouche ouverte C seul devant le D et le X Ex patries Exils Z'ôrevoirs et merci. Aube prise II par SuperKMay 08, 2007 01:52 AM PDT
Aube prise II
May 07, 2007 03:19 PM PDT
du l'A qui meurt et qui renaît Mort douce par K, Superk mi hero Gazzz
May 07, 2007 03:03 PM PDT
Mort douce par K, Superk mi hero Gazzz
May 07, 2007 02:54 PM PDT
L'AMOUR NOUS SAOULE May 07, 2007 02:18 PM PDT
miam |
About NinaUne post-punk-marginale qui heureusement ne s'est pas "matantisee". Assagie mais pas aplatie. Du cran, de l'audace, de la reserve et du respect. GrrRr! Creative, curieuse, vivante, heureuse. FORCE FOI FOUGUE ! LA VIE est LONGUE mais le TEMPS passe vite... mes tanieres : http://louvainlaneuve.blogspot.com/ http://teouteki.blogspot.com/ Fans of this Show
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